Que retenir de cette semaine agitée :
Les soubresauts de l’accord PS/EELV ? Le parachutage de Cécile Duflot à Paris après avoir été tête de liste du Val-de-Marne aux régionales de 2010 ? Que la Mox attitude a été catastrophique aussi bien en termes d’image que de positionnement politique et sociétal? Que Sarkozy remonte dans les sondages ? Que Marine Le Pen est à la peine financière ? Que Mélanchon ironise sur un capitaine de pédalo flottant sur une mer d’huile ? Que le candidat Hollande ne dit rien ou trop peu ? Que la crise va durer pour le plus grand bonheur des spéculateurs ? Qu’en Espagne les résultats des élections vont être un échec sans appel pour la gauche espagnole ? Que l’Europe… ah l’Europe ! …
On nous parle souvent d’une nécessaire prise de recul et de hauteur comme seule garante de la victoire. Mais au vu de cette photographie de notre semaine politique, ne vaudrait-il pas mieux commencer par garder les pieds sur terre ?
La victoire en 2012 sera serrée pour les deux camps, du 49/51 ou du 51/49, c’est au choix. Sarkozy le sait, il le dit partout. Il joue son vatout et saura faire feu de tout bois, brindilles, feuilles, cartons, papiers, les vrais, comme les faux. Il exploitera tout et encore plus. Il s’armera de son sens du combat, de sa pugnacité, de son envie d’en découdre et de remporter un nouveau challenge sur lequel on le donnait perdant. Il saura aussi exploiter les faiblesses de la gauche, de toute la gauche, qu’il stigmatisera et divisera. Il fera la même campagne que celle de 2007, celle de la peur (sécurité, fraude sociale, immigration irrégulière, laxisme de la gauche, assistanat, écologie punitive et décroissante) avec en prime pour 2012, le petit côté capitaine courage au coeur de la tempête économique.
En bref, du « Il faut que tout bouge pour que rien ne bouge… »*, voilà le tragique constat.
Qu’attendent les leaders de la gauche pour travailler ensemble ? Un chef charismatique ? Il n’y en a pas, et tout le monde le constate. Et alors ? En faut-il vraiment un pour contrer le programme du candidat Sarkozy, le candidat des inégalités sociales, économiques, environnementales et territoriales ? Je n’en suis pas si certain.
Par contre, qu’il faille des accords avec les partenaires, ça oui! Qu’il y ait des différences dans les points de vues à gauche et entre démocrates, heureusement. Que nous n’ayons pas la même vision de la société et encore moins dans la manière de transformer et vivre le monde, pourquoi pas. Mais en réponse, que chacun à gauche égraine son programme, sa vision, ses envies et que la démocratie s’exerce dans la contradiction, encore et encore.
Gardons avant tout les pieds sur terre, ne tombons pas dans le piège du peuple gaulois cerné par les discordes, les palabres et les bagarres à n’en plus finir.
Il reste près de 6 mois avant la présidentielle, 6 mois de montée en charge, en rythme, en développement de la dynamique. Ne perdons pas de temps avec des chicaneries…toutes plus importantes les unes que les autres, bien sûr…
Oui le PS a une vision différente de celle des écologistes sur l’indépendance énergétique. Oui le PS ne conjugue pas de la même manière que le Front de Gauche son rapport au capital. Oui le Mouvement Républicain et Citoyen de Jean Pierre Chevèvement a une approche différenciée sur l’Europe. Oui le Parti Radical de Gauche apporte un plus dans sa vue des territoires. Tout cela n’est pas nouveau.
Les primaires ont été la construction d’un élan citoyen. L’atterrissage qui s’en suit et que nous connaissons aujourd’hui est plus conforme à la réalité. Les sondages sur Hollande ont subi un « effet primaire » et pour citer Roland Cayrol dans son article du Parisien du samedi 19 novembre « la messe n’est pas dite ». Comme François Hollande nous l’a dit lors de la convention d’investiture à la Halle Freyssinet : « Tout commence ».
Gardons les pieds sur terre, cultivons la confiance et le respect entre nous, le peuple de gauche et bien au delà. François, Jean-Luc, Eva, Jean-Pierre et tous les autres, cultivons nos différences pour nourrir notre projet de société, une société plus égalitaire, plus respectueuse, plus humaine, avec une France qui sait parler fort et clair . Alors, faites du bruit mais du bruit qui nous emporte et nous transporte avec espoir.
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*merveilleuse réplique de Burt Lancaster dans le film de Luchino Visconti, le Guépard.
Image : René Magritte, Golconde, 1953







